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Abus sexuels : comment protéger son enfant ?

by / Commentaires fermés sur Abus sexuels : comment protéger son enfant ? / 44 View / 7 juin 2015

Pour prévenir les agressions sexuelles, les parents doivent apprendre à leur enfant à savoir dire non. Mais comment aborder le sujet avec lui ? Avec quels mots ?… Les conseils d’Angélique Kosinski-Cimelière, psychologue clinicienne.

doit-on parler de pédophilie avec ses enfants et comment aborder un sujet si délicat ? 

Pour parler de violences sexuelles, il faut tenir compte de l’âge de l’enfant. Le sujet ne sera pas abordé de la même manière qu’il ait 5 ou 11 ans. La psychologue clinicienne pour enfants et adolescents, Angélique Kosinski-Cimelière, affirme en effet qu’il faut « savoir adapter son vocabulaire. Pour les informer de la meilleure des façons, il faut ainsi choisir des mots simples et éviter les choses imagées. C’est essentiel d’être le plus clair possible« . Par ailleurs, les agresseurs culpabilisent souvent leurs victimes en assurant que ce qui a été fait est un « secret » et donc qu’elles ne doivent rien dire. « Il faut que les enfants sachent qu’il n’y a pas de secret lié à leur zizi ou à leur zézette. » La psychologue estime qu’il est « essentiel de leur expliquer que personne ne peut toucher à leur sexe et que si cela se produit, il faut qu’il le dise immédiatement à l’adulte. Pour qu’il n’y ait pas de malentendu, il doit savoir que seule la maman ou le papa a le droit de toucher son sexe mais uniquement à un moment approprié comme par exemple lors de la toilette avec un gant« .

Comment le prévenir que ça peut aussi arriver avec des proches ? C’est important que les parents précisent que des personnes étrangères ou non peuvent lui faire du mal. Si cela arrive, il peut alors soit leur en parler, soit en parler au maître ou à la maîtresse qui est généralement un bon interlocuteur. « C’est important d’élargir le cercle car c’est difficile pour un enfant de réagir lorsque c’est un parent qui abuse de lui« , précise Angélique Kosinski-Cimelière.

Y a-t-il des indices qui doivent soulever l’interrogation des parents ? Ce sont généralement des signes physiques qui alertent les parents. Les enfants abusés ont par exemple souvent des irritations. « L’enfant peut répéter régulièrement que ça le pique au niveau du sexe. Attention toutefois à ne pas s’inquiéter trop vite mais il faut être vigilant« , souligne la psychologue. Si l’enfant se met progressivement à se renfermer sur lui-même, il faut aussi être plus attentif à son comportement. Angélique Kosinski-Cimelière prévient cependant que « ce sont plusieurs signes mis en corrélation les uns aux autres qui doivent alerter les parents. C’est à ce moment-là qu’il est urgent de voir un psychologue. Celui-ci saura quels mots employer et s’il s’est passé ou non quelque chose« .

Doit-on parler de la pédophilie à l’école ? Angélique Kosinski-Cimelière n’est pas contre mais estime que c’est très délicat. « Les parents préfèrent généralement gérer ça seuls. Cependant, l’école peut parfois jouer un rôle préventif. Il existe par exemple une école parisienne dont la cour est un parc public. Les élèves sont sensibilisés aux dangers extérieurs en sachant entre autres, qu’il ne faut pas parler aux passants. Ils apprennent ainsi dès 3 ans à être vigilant sans avoir peur.«